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Tuesday, January 13, 2026

Un Parasite Courant des Chats Domestiques Modifie Notre Cerveau, Selon des Scientifiques

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Les chats domestiques peuvent représenter une menace inattendue et particulièrement sournoise. Une équipe internationale de chercheurs a démontré que le parasite Toxoplasma gondii, facilement transmissible par contact avec les excréments de chats, peut pénétrer discrètement dans le cerveau et en modifier le fonctionnement. L’étude a été publiée dans la revue PLOS Pathogens.

On estime qu’un tiers de la population mondiale est infectée par la toxoplasmose. Chez la majorité des personnes, l’infection est asymptomatique, mais cela ne veut pas dire qu’elle est inoffensive. Les chercheurs ont découvert que le parasite perturbe la transmission des signaux entre les cellules cérébrales. Les neurones infectés libèrent moins de vésicules extracellulaires — de minuscules “paquets” d’instructions moléculaires — et envoient des signaux déformés susceptibles de provoquer une inflammation et de modifier le comportement des cellules voisines, notamment les astrocytes.

« Même si seules quelques neurones sont infectées, elles peuvent “déstabiliser” tout le tissu environnant », explique la professeure Emma Wilson, auteure principale de l’étude.

L’inquiétude porte notamment sur l’impact sur la protéine GLT-1, chargée d’éliminer l’excès de glutamate — le principal neurotransmetteur excitateur — du cerveau. Sa diminution peut entraîner une surcharge des réseaux neuronaux et des dysfonctionnements chroniques de la chimie cérébrale.

Plus surprenant encore : les vésicules libérées par les cellules infectées contiennent non seulement des protéines humaines, mais aussi des protéines parasitaires. Elles peuvent pénétrer dans le noyau d’autres cellules du cerveau et modifier leur comportement. Autrement dit, Toxoplasma “reprogramme” littéralement le cerveau sans même se propager directement.

Même si la plupart des personnes infectées ne présentent pas de symptômes évidents, les auteurs estiment que le parasite peut affecter discrètement le comportement, l’anxiété et le risque de troubles neurologiques. Les scientifiques envisagent déjà d’utiliser le contenu de ces vésicules comme biomarqueurs de l’activité de la toxoplasmose dans le cerveau — et comme base pour le diagnostic.

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