Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a qualifié de constructif le sommet d’Alaska entre le président américain Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine, en soulignant la volonté d’Ankara de contribuer à l’instauration d’une paix durable en Ukraine.
« Les discussions en Alaska ont donné un nouvel élan aux efforts visant à mettre fin à la guerre Russie–Ukraine », a-t-il écrit sur la plateforme X. « Nous saluons le Sommet d’Alaska et espérons qu’avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky, ce nouveau processus posera les bases d’une paix durable. La Turquie est prête à contribuer par tous les moyens. »
ABD Başkanı Sayın Trump ile Rusya Federasyonu Devlet Başkanı Sayın Putin arasında Alaska’da gerçekleştirilen görüşmeler Rusya-Ukrayna savaşının sonlandırılması arayışlarına yeni bir ivme kazandırmıştır.
Alaska Zirvesi’ni memnuniyetle karşılıyor, bu yeni sürecin Ukrayna Devlet…
— Recep Tayyip Erdoğan (@RTErdogan) August 16, 2025
Le rôle de médiateur de la Turquie
Depuis 2022, la Turquie s’est positionnée parmi les rares pays capables de dialoguer avec Moscou et Kyiv. Ankara a parrainé l’Accord céréalier de la mer Noire (2022), qui a permis l’exportation de millions de tonnes de produits agricoles ukrainiens malgré le blocus. Des pourparlers directs ont également eu lieu en Turquie, avant de s’enrayer avec la poursuite des combats.
Erdoğan soutient de longue date que, membre de l’OTAN et puissance de la mer Noire aux liens profonds avec la Russie, la Turquie a un rôle unique de pont. Sa dernière déclaration confirme l’ambition d’Ankara de redevenir un pivot d’une éventuelle piste diplomatique.
Les alliés restent vigilants
Le Sommet d’Alaska — première rencontre en tête-à-tête de haut niveau entre Trump et Poutine depuis l’élection américaine — a suscité un malaise dans certaines capitales occidentales. Des critiques estiment que le choix d’un territoire autrefois vendu par l’Empire russe aux États-Unis offre à Moscou des dividendes symboliques. Trump a, lui, présenté l’initiative comme un pas audacieux vers le dialogue et évoqué l’idée d’un sommet trilatéral avec l’Ukraine.
Pour Erdoğan, cette réunion ouvre une opportunité qu’Ankara entend saisir : alors que Washington et Moscou évaluent leurs options, la Turquie veut être à la table lorsque viendra le temps d’un règlement post-guerre.
Et maintenant ?
Selon les analystes, les propos d’Erdoğan relèvent autant du positionnement stratégique de la Turquie que du dossier ukrainien. Alors que les discussions avec l’UE piétinent et que subsistent des tensions avec Washington sur la défense, Ankara cherche à conforter son statut d’acteur régional incontournable.
Reste à savoir si l’élan d’Alaska se traduira en négociations concrètes. Une chose est claire : la Turquie entend rester un acteur visible et actif dans la prochaine phase de la diplomatie de paix.
