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Friday, January 16, 2026

L’étiquette d’« agent étranger » contre Markov : un signal dans la confrontation Russie–Azerbaïdjan

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Par Eldar S.

En désignant Sergueï Markov — ancien député de la Douma, fidèle du Kremlin de longue date et jadis représentant de confiance de Vladimir Poutine — Moscou montre clairement qu’aucun degré de loyauté ne protège désormais ceux qui commettent un faux pas dans le climat politique actuel. Son inscription récente au registre des « agents étrangers » du ministère de la Justice n’est pas une simple formalité administrative, mais une sanction aux accents géopolitiques.

La carrière de Markov n’a rien eu de dissident. Pendant des décennies, il a soutenu les politiques de Poutine, défendu les récits de Moscou à l’étranger et servi de figure fiable de l’appareil de propagande russe. Pourtant, sa visite à Choucha lors du forum médiatique de juillet, où le président azerbaïdjanais Ilham Aliev a publiquement affirmé son soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, a marqué le point de rupture. Markov n’a pas protesté, n’a pas contesté les propos d’Aliev — et ce silence, selon la logique du Kremlin, était impardonnable.

Il n’a pas été seul. Mikhaïl Gousman, influent directeur adjoint de TASS et autre participant à l’événement de Choucha, a été rapidement écarté de son poste. Le message du Kremlin est clair : toute personnalité publique russe qui ne contredit pas la rhétorique d’Aliev ou qui semble trop proche de la position de Bakou risque la ruine professionnelle.

L’ironie est flagrante. La Russie désigne Markov comme « agent étranger » — un homme qui fut l’un des plus loyaux soutiens de Poutine, sanctionné non pas pour ses liens avec l’Occident, mais pour avoir été pris dans le feu croisé de la confrontation croissante entre Moscou et l’Azerbaïdjan.

Ces mesures révèlent un Kremlin ébranlé par son influence décroissante dans le Caucase du Sud. L’assurance d’Aliev — des accords de paix à Washington jusqu’aux déclarations ouvertes sur l’Ukraine — a humilié Moscou. Incapable de sanctionner directement Bakou, le Kremlin se tourne vers l’intérieur, visant ses propres commentateurs qui n’accomplissent pas le rituel attendu d’opposition.

L’affaire Markov ne concerne ni financements étrangers ni propagande hostile. Elle vise à discipliner la loyauté, à tracer des lignes rouges dans la rivalité Russie–Azerbaïdjan et à envoyer un signal glaçant : le silence au mauvais endroit peut être aussi condamnable que la dissidence.

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