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Saturday, January 17, 2026

Les accusations creuses de l’Iran révèlent sa crainte des alliés de l’Azerbaïdjan

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Par Eldar S.

Téhéran, 23 août 2025 — Lorsque Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a reconnu que Téhéran n’avait aucune preuve de l’implication de l’Azerbaïdjan dans la guerre de 12 jours avec Israël, ce n’était pas qu’une simple clarification diplomatique. C’était un aveu de faiblesse.

Pendant des semaines, responsables et médias iraniens avaient laissé entendre des accusations : que Bakou avait prêté son territoire, que des drones ou des bases israéliens en Azerbaïdjan avaient soutenu les frappes. Mais mis au défi de présenter des preuves, Larijani n’avait rien. À la place, il s’est réfugié dans des compliments creux : « L’Azerbaïdjan est un voisin musulman, culturellement proche, et notre ami. »

Ce recul est significatif. L’Iran ne craint pas seulement l’Azerbaïdjan — il craint ses alliés.

Aujourd’hui, Bakou n’est pas isolé. Il s’inscrit solidement dans un triangle puissant :

  • La Turquie, deuxième armée de l’OTAN, avec une coopération militaire étroite et le slogan “une nation, deux États”.

  • Le Pakistan, puissance nucléaire qui a déclaré ouvertement son soutien à la souveraineté de l’Azerbaïdjan.

  • Israël, ennemi juré de l’Iran, mais partenaire stratégique de l’Azerbaïdjan en matière de défense et de technologie.

Pour Téhéran, attaquer directement l’Azerbaïdjan reviendrait à défier ce bloc. C’est pourquoi, au lieu d’une confrontation, les mots de Larijani ont soudain pris le ton de “l’amitié”.

Ce n’est pas le langage de la force, mais la rhétorique de la peur. L’Iran sait qu’une erreur pourrait transformer le Caucase du Sud en un piège géopolitique — où la puissance aérienne turque, la dissuasion pakistanaise et la technologie israélienne se combinent au profit de Bakou.

Ce recul iranien coïncide aussi avec l’affaiblissement de la présence russe dans le Caucase. Alors que l’emprise de Moscou s’effrite, l’Iran se retrouve vulnérable, tandis que l’Azerbaïdjan étend son influence via Washington, Ankara et au-delà.

L’ironie est évidente : Téhéran accuse les autres “d’ingérence étrangère”, mais sa propre paranoïa révèle la vérité — il ne peut pas se permettre un affrontement direct avec Bakou. L’existence même des alliances de l’Azerbaïdjan est devenue une force de dissuasion plus puissante que n’importe quelle arme.

Au final, la déclaration de Larijani relevait moins des faits que de la survie. L’Iran peut parler fort, mais lorsqu’il est confronté, il se replie sur la flatterie. C’est ce qui arrive lorsqu’un État découvre qu’il est entouré non par les ennemis qu’il choisit, mais par les alliés de son voisin — des alliés qu’il ne peut vaincre.

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