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Thursday, January 15, 2026

Marché locatif à Bakou : quand l’éducation devient le jour de paie des propriétaires

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Chaque mois d’août, le marché immobilier de Bakou se transforme en foire d’empoigne. Des milliers d’étudiants et de jeunes professionnels affluent vers la capitale, et les propriétaires flairent l’aubaine. Ce qui devrait être un moment excitant — la préparation d’une nouvelle année académique — devient un cauchemar financier pour les familles du pays.

Cette année, les loyers repartent à la hausse. Les appartements d’une chambre dans les vieux immeubles commencent à 400 manats, les deux ou trois pièces atteignant 500–700. Dans les nouvelles résidences, les bailleurs exigent 8–10 manats le mètre carré, rendant les appartements moyens inabordables pour beaucoup. Et près du métro ? Comptez 30% de plus.

Soyons clairs : le problème n’est pas celui d’agents immobiliers avides. Les courtiers prennent une commission unique et préfèrent conclure des affaires rapides et abordables. Les vrais responsables sont les propriétaires, qui exploitent la flambée annuelle de la demande. Ils savent que les étudiants et leurs familles n’ont pas le choix.

Résultat ? L’éducation devient l’otage du logement. Des familles qui devraient investir dans les livres, les frais de scolarité et l’avenir de leurs enfants sont contraintes de verser des milliers dans les loyers. Pour certains, cela signifie rogner sur l’essentiel ; pour d’autres, s’endetter.

Les responsables politiques vantent des “villes intelligentes” et des “opportunités pour la jeunesse”, mais où est la politique de logement abordable ? Où sont les dortoirs étudiants qui ne ressemblent pas à des reliques soviétiques ? Plutôt que d’affronter les problèmes structurels, les autorités laissent les jeunes à la merci d’un marché qui les considère non comme des étudiants, mais comme des vaches à lait.

Sans véritable régulation ni politique pour élargir l’offre de logements abordables, Bakou continuera dans ce cercle vicieux : chaque août, les étudiants s’installent, les propriétaires encaissent, et les familles paient la facture.

L’éducation doit être une échelle vers les opportunités, non un luxe réservé à ceux qui peuvent payer des loyers gonflés. La question est claire : le gouvernement agira-t-il enfin, ou laissera-t-il une nouvelle génération sombrer sous le poids d’un loyer qu’elle n’aurait jamais dû supporter ?

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