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Thursday, January 15, 2026

La base 102 de la Russie en Arménie sous pression : atout stratégique ou fardeau en devenir ?

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Les débats sur l’avenir de la base militaire russe 102 à Gyumri s’intensifient à nouveau, alors que les manifestations en Arménie réclamant sa fermeture se multiplient.

La question est devenue un point de tension dans l’architecture sécuritaire en pleine mutation d’Erevan et soulève la problématique de savoir si cette base, créée en 1995 et prolongée jusqu’en 2044, sert encore les intérêts de l’Arménie — ou si elle est devenue un fardeau.

Le député azerbaïdjanais Elchin Mirzebeyli, interrogé par Oxu.Az, a souligné que, bien que le gouvernement arménien puisse théoriquement dénoncer le traité, une telle décision entraînerait de sérieux risques politiques, économiques et sécuritaires.

« Théoriquement, Erevan pourrait chercher à annuler l’accord, mais en réalité, une telle démarche paraît aujourd’hui très improbable. Tout acte unilatéral signifierait une escalade brutale avec Moscou », a-t-il déclaré.

Un symbole de dépendance et une cible potentielle
Mirzebeyli a souligné que la présence d’une base russe mine la souveraineté de l’Arménie, réduisant sa marge de manœuvre avec les partenaires occidentaux. « À une époque où l’Arménie parle d’intégration européenne, une base militaire étrangère sur son sol est à la fois un rappel de dépendance et un levier de pression entre les mains de Moscou », a-t-il noté.

Il a ajouté qu’en cas de crise, la base pourrait facilement devenir une « cible légitime », exposant ainsi l’Arménie elle-même à des risques accrus. Des incidents comme le meurtre de 2015 à Gyumri par un soldat russe, a-t-il rappelé, illustrent la relation fragile et tendue entre la population locale et le contingent russe.

Risques stratégiques et sociaux
Selon le député, la base joue également un rôle dans les opérations de renseignement et d’influence, ce qui érode davantage la confiance entre voisins et complique les dispositifs de sécurité régionaux. « Elle ne projette pas seulement la puissance vers l’extérieur ; elle mine aussi la cohésion sociale de l’Arménie à l’intérieur », a insisté Mirzebeyli.

Perspectives
En définitive, le sort de la base 102 dépendra non seulement des clauses juridiques, mais aussi de l’orientation de la politique étrangère de l’Arménie, de l’évolution de ses relations avec Moscou et du nouvel ordre sécuritaire régional. Pour l’instant, une fermeture paraît improbable — mais la pression sur Erevan afin de redéfinir sa posture sécuritaire ne cesse de croître.

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