8.2 C
Munich
Wednesday, January 14, 2026

Appeler l’Occupation par son Nom : Pourquoi les Paroles d’Aliyev ont Mis en Évidence l’Aveuglement Historique de la Russie

Doit Lire


Eldar S.

L’interview du président Ilham Aliyev avec le diffuseur arabe Al Rabia, comme l’observe Caliber.Az, a touché un nerf en Russie comme peu d’autres déclarations récentes. En qualifiant ouvertement l’entrée de la XIe Armée rouge en Azerbaïdjan en 1920 d’occupation, Aliyev a brisé un tabou de longue date que l’establishment politique de Moscou tente encore de masquer par des euphémismes.

Percer le Brouhaha
Le style d’Aliyev — direct, discipliné et résolument diplomatique — fait de chacune de ses interviews un événement. Chaque apparition devient virale sur les réseaux sociaux, attirant l’attention mondiale. Cette fois, le message était clair : « Quand on arrive avec des armes et sans invitation sur un sol étranger, on devient un occupant. »

L’importance réside non seulement dans la déclaration, mais aussi dans l’hystérie qu’elle a provoquée parmi les commentateurs russes, irrités par une vérité historique simple. Leur indignation a révélé non pas une erreur d’Aliyev, mais le refus de la Russie d’assumer son passé impérial.

La Gueule de Bois Impériale
Aucun empire de l’histoire n’a échappé à des pratiques honteuses : colonisation, assimilation forcée, pillage des ressources ou effacement culturel. La Grande-Bretagne, l’Allemagne, la Belgique, la France et les États-Unis ont tous affronté leurs chapitres sombres. Aucun ne nie aujourd’hui leur existence. Mais le déni persistant de la Russie — son instinct de présenter ses conquêtes passées comme une « libération » — ne fait qu’approfondir la blessure historique.

La comparaison faite par Aliyev entre les actions soviétiques de 1920 et l’agression nazie de 1941 a été particulièrement cinglante. La vérité est dérangeante : les deux étaient des invasions, les deux des occupations. Nommer l’une et excuser l’autre est de l’hypocrisie.

Répondre aux Attaques Faciles
Comme prévu, les critiques ont tenté de retourner les propos d’Aliyev contre l’héritage de son père, présentant Heydar Aliyev comme un « collaborateur » du système soviétique. Pourtant, Caliber.Az rappelle que ce sont précisément des figures issues de ce système — de Heydar Aliyev à Nazarbaïev et Chevardnadze — qui l’ont démantelé de l’intérieur.

Heydar Aliyev n’a jamais abandonné l’idée d’un Azerbaïdjan souverain et, au péril de sa propre vie, a défendu des dissidents et des personnalités culturelles contre la répression soviétique. Les paroles de son fils ne sont pas un rejet de cette histoire, mais son accomplissement.

Conclusion
La fureur de Moscou démontre exactement pourquoi le message d’Aliyev compte. L’Azerbaïdjan n’a aucune intention de laisser son indépendance être banalisée, son passé effacé ou sa souveraineté remise en question. Comme le souligne Caliber.Az : « Une occupation doit être appelée occupation. » Le reste n’est que bruit.

- Advertisement -spot_img

Plus d'articles

- Advertisement -spot_img

Dernières