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Friday, January 16, 2026

Tatouages en Azerbaïdjan : art, auto-expression ou risque pour la santé et le mental ?

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Tatouages et culture populaire

En Azerbaïdjan, comme ailleurs, le tatouage n’est plus marginal. On le retrouve chez les employés de bureau, étudiants, artistes et même médecins. Il est devenu un élément du quotidien et du style personnel. Mais derrière l’esthétique subsistent des risques médicaux et des stéréotypes psychologiques bien ancrés.

Risques médicaux

Selon la dermatovénérologue Elana Rassoulova, chaque tatouage comporte des risques. Les encres peuvent provoquer des allergies : rougeurs, démangeaisons, cloques, desquamation. Les personnes allergiques sont particulièrement vulnérables.

L’absence de stérilité expose à des infections par staphylocoques ou streptocoques : des simples éruptions cutanées aux fièvres, inflammations purulentes, douleurs et hypotension. Plus grave encore, la transmission d’hépatites virales par le sang.

Chez les patients atteints de psoriasis ou de lichen plan, les lésions cutanées déclenchées par un tatouage aggravent la maladie. Les cicatrices chéloïdes sont également fréquentes. « Aucune zone du corps n’est totalement sûre, même un petit motif peut causer des complications », prévient Rassoulova.

Contexte psychologique et stéréotypes

Le psychologue Ali Khalilov rappelle que le tatouage existe depuis l’Antiquité comme mode d’expression et rituel. Mais dans l’islam et le christianisme, le corps devait rester “pur”, d’où son interdiction. Aux XIXe–XXe siècles, un autre stéréotype est né : l’association avec le crime et la prison.

Aujourd’hui, ces préjugés perdurent surtout chez les aînés, qui y voient rébellion ou instabilité. Pour les jeunes, le tatouage est un signe de mode et d’identité personnelle.

Motivations et psychologie

Pour Khalilov, un tatouage n’est pas synonyme de trouble psychique. Les motivations sont variées : garder un souvenir, cacher une cicatrice, exprimer une douleur, suivre une tendance.

Un grand nombre de motifs sombres peut indiquer une tendance à l’autodestruction, mais ce n’est pas une règle. Couvrir de larges zones demande endurance et tolérance à la douleur.

Tendances actuelles

Depuis les années 2000, le tatouage s’est banalisé en Azerbaïdjan. Dans les années 2010, chanteurs, sportifs et influenceurs ont contribué à sa popularisation. Aujourd’hui, enseignants, informaticiens et entrepreneurs en portent également.

Néanmoins, le fossé générationnel demeure : les anciens y voient une “mutilation du corps”, les jeunes une forme d’art et d’expression.

Conclusion

Selon les experts, l’essentiel n’est pas le tatouage en soi, mais le sens qu’on lui attribue. Il peut être à la fois art, mode et partie de l’histoire intime de la personne.

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