Un enlèvement violent dans la ville azerbaïdjanaise de Zaqatala a choqué les habitants et déclenché une enquête officielle.
Selon Lent.az, l’incident s’est produit vers 5 heures du matin, juste en face du parquet du district de Zaqatala. Des témoins ont déclaré que des hommes non identifiés, à bord d’une Hyundai i30, avaient forcé une femme à monter dans la voiture contre son gré. La victime a tenté de résister désespérément — criant, luttant et essayant même de s’échapper par la fenêtre du véhicule en marche — mais sans succès.
Des fidèles quittant une mosquée voisine ont assisté à l’enlèvement et tenté de poursuivre les ravisseurs. Conscients d’être suivis, les suspects ont accéléré en direction du district voisin de Qakh.
Le parquet de Zaqatala a ouvert une procédure pénale au titre de l’article 144.1 (enlèvement) du Code pénal azerbaïdjanais. Les forces de l’ordre travaillent à identifier et retrouver les auteurs.
Au-delà de l’affaire : une tendance préoccupante
Si cet enlèvement choque par son audace — commis face au bureau du procureur à l’aube —, il s’inscrit aussi dans un schéma plus large en Azerbaïdjan et dans le Caucase du Sud, où les femmes sont exposées à un risque accru d’enlèvements et de violences domestiques, notamment en milieu rural.
Les autorités n’ont pas indiqué que l’affaire de Zaqatala soit liée à la pratique communément appelée “rapt de mariée”. Toutefois, les organisations de défense des droits soulignent l’importance de la sensibilisation publique, certaines affaires régionales ayant été associées à des tentatives de mariage forcé.
Contexte : qu’est-ce que le “rapt de mariée” ?
Le terme désigne généralement l’enlèvement d’une femme ou d’une jeune fille en vue de la contraindre au mariage.
En Azerbaïdjan, de tels actes sont illégaux et tombent sous le coup de la loi pénale (y compris l’enlèvement), quelles que soient les justifications culturelles.
Les défenseurs rappellent que les victimes font souvent face à l’isolement, à la stigmatisation et à la peur des représailles, ce qui freine les signalements ; l’existence d’abris accessibles, de lignes d’assistance et une réaction policière rapide sont donc cruciales.
“Ces crimes exploitent la vulnérabilité sociale des femmes et ne doivent jamais être banalisés, quel qu’en soit le prétexte”, a déclaré une militante basée à Bakou.
Pour de nombreux habitants de Zaqatala, le fait que l’enlèvement se soit produit dans un lieu aussi public — en face d’un bâtiment gouvernemental et devant des fidèles sortant de la prière du matin — illustre à la fois l’audace des auteurs et l’urgence de renforcer les protections.
