Les discussions autour du processus de paix entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont intensifiées après la dissolution du Groupe de Minsk de l’OSCE et une série de récentes rencontres entre les dirigeants des deux pays.
Dans une interview accordée à la chaîne YouTube Daily Europe Online, le juriste azerbaïdjanais, le professeur Namiq Aliyev, a noté que le président Ilham Aliyev et le Premier ministre Nikol Pachinian avaient “échangé cordialement” en marge du récent sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai. Il a également mentionné une rencontre distincte entre les Premières dames d’Azerbaïdjan et d’Arménie. Selon Aliyev, un traité de paix a déjà été paraphé, mais la confiance durable dans sa mise en œuvre n’est pas encore pleinement établie. Il a souligné qu’un règlement durable exigerait de l’Arménie la reconnaissance de sa responsabilité dans l’occupation des territoires azerbaïdjanais et les destructions qui y ont eu lieu.
Aliyev a déclaré que le “repentir” servirait de garantie contre le retour du revanchisme.
L’interview a également abordé les débats internes en Arménie. Aliyev a souligné l’échec d’un projet de loi soutenu par l’opposition visant à renforcer les sanctions liées à la négation du génocide, une proposition que le parti Contrat civil de Pachinian n’a pas appuyée. Il a noté que la société arménienne ne s’était pas mobilisée ni contre l’échec du projet ni contre la dissolution du Groupe de Minsk, ce qu’il a interprété comme un signe d’acceptation croissante de la paix avec l’Azerbaïdjan.
Aliyev a également observé qu’en Arménie il existait “deux partis — le parti de la paix et le parti de la guerre” et que les récents développements suggèrent que le premier s’est renforcé. Si cette trajectoire se poursuit, a-t-il dit, rien n’empêchera la signature d’un accord de paix définitif, une fois que des changements constitutionnels en Arménie auront supprimé les dispositions remettant en cause l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan.
Sur la dynamique régionale plus large, la discussion a également comparé les stratégies de politique étrangère de Pachinian et d’Aliyev. Aliyev a noté que le dirigeant arménien adopte une approche plus équilibrée — maintenant des relations avec la Russie, tout en avançant vers la normalisation avec la Turquie et l’Azerbaïdjan, et en s’engageant avec l’Europe, l’Iran et l’Asie centrale. Des observateurs ont suggéré que Pachinian s’était inspiré du style de leadership en politique étrangère du président Ilham Aliyev.
