La transplantation d’organes est l’un des plus grands acquis de la médecine moderne. Les greffes de rein, de foie, de cœur ou de cornée redonnent une chance de vivre à des milliers de patients. Mais la question dépasse la seule dimension médicale : elle soulève aussi des enjeux juridiques, religieux et sociaux.
Expériences internationales
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Turquie : application du modèle « opt-in ». La donation est possible uniquement avec le consentement du donneur ou de sa famille. Les cartes de donneur, les campagnes d’information et les programmes de soutien social ont renforcé l’acceptation.
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États-Unis : également « opt-in », mais avec des registres très développés, un système d’attente transparent et un accompagnement psychologique et juridique pour les familles, ce qui rend le système plus efficace.
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Espagne : leader mondial avec le modèle « opt-out ». Chaque citoyen est automatiquement donneur sauf en cas de refus écrit. Une forte coordination et un soutien social massif ont placé l’Espagne au premier rang international.
La situation en Azerbaïdjan
L’Azerbaïdjan applique aussi le système « opt-in », mais le nombre de donneurs reste faible. Les réticences religieuses et culturelles ainsi que le manque d’information publique freinent le processus. Entre janvier et août 2025, 203 transplantations ont été réalisées (surtout de reins et de foies), tandis que plus de 1 000 patients sont encore en attente.
Depuis 2008, des progrès notables ont été accomplis : les premières greffes de foie et de rein ont été menées avec un taux de réussite supérieur à 95 %. Toutefois, la pénurie de donneurs demeure le principal obstacle.
Regard religieux et social
Beaucoup de citoyens hésitent à accepter le don post-mortem. Pourtant, selon les autorités religieuses musulmanes, le don d’organes visant à sauver des vies est permis et considéré comme une bonne action, à condition qu’il n’y ait pas de commerce. Le trafic ou la vente d’organes est fermement condamné.
À ce jour, à peine plus de 500 personnes se sont inscrites comme donneurs volontaires après leur mort – un chiffre très faible pour un pays de plus de 10 millions d’habitants.
Dimension psychologique
Les malades en attente vivent dans l’angoisse parfois pendant des années. Pour les familles de donneurs, le réconfort vient du fait que la perte d’un proche permet à d’autres de survivre. Les psychologues recommandent la création d’un service étatique dédié à l’accompagnement des familles et des receveurs.
Cadre juridique
Deux lois nationales encadrent la transplantation. Théoriquement, l’utilisation d’organes de donneurs vivants ou décédés est possible. Mais dans la pratique, les registres et les mécanismes de contrôle restent faibles, ce qui accroît le risque de commerce illégal d’organes.
Perspectives d’avenir
Les experts estiment qu’à l’avenir, des organes d’animaux génétiquement modifiés – notamment de porcs – pourraient être transplantés à l’homme. Pour l’instant, l’essentiel reste de renforcer la sensibilisation et la solidarité sociale.
Conclusion
En Azerbaïdjan, la transplantation progresse médicalement avec des résultats positifs, mais la pénurie de donneurs limite son efficacité. Il est nécessaire de développer :
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des campagnes de sensibilisation,
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l’appui des autorités religieuses,
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un cadre légal solide,
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des structures de soutien psychologique.
La transplantation n’est pas seulement une intervention chirurgicale : c’est un choix profondément humaniste qui sauve des vies.
