Les nouvelles statistiques du ministère de la Justice d’Azerbaïdjan ont confirmé ce qui était depuis longtemps visible dans les jardins d’enfants : la majorité des enfants portent les prénoms Zahra, Maryam, Zeynab, Ugur, Ali et Huseyn. Entre janvier et août, le prénom le plus populaire parmi les garçons a été Ugur (802 nouveau-nés), et chez les filles Zahra (533).
Les autres positions n’ont pratiquement pas changé par rapport aux années précédentes. Chez les garçons viennent ensuite Huseyn (534) et Ali (517), et chez les filles — Maryam (510) et Zeynab (508). Cette stabilité se maintient depuis plusieurs années : depuis 2020, ces prénoms dominent presque sans partage.
La Religion comme Repère Principal
Presque tous les prénoms en tête ont une connotation religieuse marquée. Ali et Huseyn sont des figures clés de l’histoire islamique ; Zahra, Maryam et Zeynab sont des prénoms féminins à forte signification spirituelle. Même Ugur — bien que traduit littéralement par “fortune” ou “bon présage” — est souvent perçu comme une bénédiction.
Cela montre que la société azerbaïdjanaise se tourne de plus en plus vers la religion et la tradition comme sources d’identité. Alors qu’à l’époque soviétique les parents pouvaient expérimenter avec des prénoms nouveaux ou séculiers, aujourd’hui le choix se porte de plus en plus sur des symboles religieux éprouvés.
Un Déclin de la Créativité
Les sociologues soulignent cependant l’envers : la répétition constante des mêmes prénoms signifie une réduction de l’espace créatif. Contrairement à l’Occident, où chaque année apparaissent de nouveaux prénoms inventés ou à la mode, en Azerbaïdjan on observe une forme d’uniformisation culturelle : renforcement de l’identité commune au détriment de l’individualité.
L’Identité au-dessus de l’Individualité
Dans un contexte de turbulences géopolitiques, le choix des parents est symbolique. Chaque prénom devient non seulement personnel, mais aussi une déclaration sociale : “notre héritage est plus important que la nouveauté”. Les parents soulignent ainsi le lien de leurs enfants avec des racines culturelles et religieuses communes.
Le Problème de la Foule
Mais il y a une ironie : dans une classe, on peut trouver cinq Zahra ou trois Ali. Le renforcement de la tradition comporte le risque de perdre l’unicité : les prénoms, censés distinguer l’individu, deviennent un code collectif.
Données du Ministère de la Justice (janvier–août 2025)
Prénoms masculins les plus populaires :
-
Ugur — 802
-
Huseyn — 534
-
Ali — 517
Prénoms féminins les plus populaires :
-
Zahra — 533
-
Maryam — 510
-
Zeynab — 508
Top des prénoms 2020–2024 (selon Report et 1news.az)
-
Ugur — 9 084
-
Ali — 8 506
-
Zahra — 8 299
-
Huseyn — 7 945
-
Yusif — 7 943
-
Zeynab — 6 980
-
Maryam — 6 875
-
Aylin — 6 583
-
Fatima — 5 824
-
Nilay — 5 688
2020 (séparé)
-
Garçons : Yusif, Ali, Ugur, Huseyn, Mahammad
-
Filles : Zahra, Zeynab, Maryam, Aylin, Malak
2021
-
Garçons : Ali, Yusif, Huseyn, Ugur, Mahammad
-
Filles : Zahra, Zeynab, Maryam, Fatima, Aylin
2022
-
Filles : Zahra, Maryam, Aylin, Fatima, Malak, Nilay, etc.
2024
-
Ugur — 1 832 garçons
-
Ali — 1 389
-
Zahra — 1 241 filles
Résumé
| Période | Garçon | Fille |
|---|---|---|
| Jan–Août 2025 | Ugur (802) | Zahra (533) |
| 2020–2024 (total) | Ugur (9 084) | Zahra (8 299) |
| 2020 | Yusif | Zahra |
| 2021 | Ali | Zahra |
| 2022 | — | Zahra |
| 2024 | Ugur (1 832) | Zahra (1 241) |
