Sur la chaîne YouTube RUSARM INFO, trois analystes ont proposé des points de vue contrastés sur l’évolution des dynamiques autour de l’Arménie, de l’Azerbaïdjan et du Caucase du Sud.
La politique pendulaire de l’Iran
L’analyste politique Karine Gevorkyan a déclaré que Téhéran continue d’envoyer des signaux contradictoires quant à savoir si les attaques présumées de drones contre l’Iran provenaient du territoire azerbaïdjanais.
« Ils jouent un jeu de balancements rusés », a-t-elle observé, décrivant comment les conservateurs iraniens insistent sur le fait que les frappes — et même l’accident d’hélicoptère qui a tué l’ancien président Ebrahim Raïssi — remontent à l’Azerbaïdjan, tandis que les réformistes rejettent de telles affirmations. Gevorkyan a souligné que cette division interne rend la politique étrangère iranienne imprévisible et alimente l’incertitude régionale.
Le pari asiatique de l’Arménie
Le commentateur Konstantin Kalachey a soutenu que l’Arménie cherche à diversifier ses liens extérieurs, en particulier avec la Chine. L’initiative d’Erevan « Carrefour de la Paix » est présentée comme complémentaire à la stratégie chinoise des Nouvelles Routes de la Soie, avec des attentes d’investissements chinois dans l’énergie solaire, l’agriculture et les infrastructures logistiques.
« La Chine est le leader mondial dans les technologies renouvelables et les véhicules électriques », a noté Kalachey.
Il a ajouté que l’Arménie possède déjà des liens culturels, avec un Institut Confucius à Erevan et un intérêt croissant des étudiants pour le mandarin.
Le Japon comme stabilisateur économique
L’analyste Ivan Tselishev a souligné le rôle traditionnel du Japon en tant que partenaire économique plutôt qu’en tant que médiateur politique.
« Tokyo n’est pas fort en diplomatie ou en médiation, mais il est très fort en développement économique », a-t-il expliqué.
Tselishev a évoqué les programmes de formation de longue date du Japon pour les professionnels arméniens dans les domaines des technologies de l’information et de la gouvernance, et a suggéré que les futurs investissements japonais pourraient viser les infrastructures, les énergies renouvelables et le capital humain.
Équilibrer les grandes puissances
Les trois experts ont convenu que l’Arménie ne peut pas se permettre de dépendre d’un seul axe de soutien. Ils ont plutôt affirmé qu’Erevan doit poursuivre une politique multivectorielle équilibrant ses liens avec Washington, Pékin et Tokyo tout en maintenant des relations de travail dans la région. Gevorkyan a souligné le symbole : « Aliyev est reçu comme de la famille à la fois à Washington et à Pékin. Pourquoi l’Arménie devrait-elle se contenter de moins ? »
La discussion a mis en évidence un thème commun : les États de la région, sous pression de la Russie et de l’Iran, se tournent de plus en plus vers l’est à la recherche d’opportunités économiques et d’équilibre diplomatique. Que ce soit à travers les Nouvelles Routes de la Soie de la Chine, l’aide économique du Japon ou les garanties de sécurité des États-Unis, l’Arménie indique vouloir s’ancrer dans plusieurs directions plutôt que de rester dépendante d’un seul centre de pouvoir.
