En Azerbaïdjan, les paris en ligne et les casinos virtuels se multiplient. Les publicités promettent “bonus de bienvenue” et “victoires faciles”. Cette omniprésence touche surtout les jeunes, attirés par l’idée de s’enrichir rapidement. Mais le système est conçu pour garantir le bénéfice de l’opérateur et, à long terme, la perte du joueur.
Les témoignages sont édifiants. Ilgar K., 29 ans, ancien sportif de haut niveau, a tout perdu en trois ans : sa maison, sa voiture, son mariage.
Nurlan M., 23 ans, a plongé dans l’endettement à hauteur de 8 000 manats en un an.
Ramin A., 48 ans, pensait être “un trader de cotes”. Après trois ans, il a reconnu sa défaite : 70 000 manats envolés. “Chaque cote intègre une marge. Sur la durée, c’est toujours le bookmaker qui gagne.”
Les psychologues soulignent que le jeu agit comme une drogue. Le cerveau reçoit un shot de dopamine à chaque victoire. Même la défaite nourrit l’addiction, car elle crée l’espoir d’un rattrapage. Les études montrent que l’addiction au jeu est liée à des taux élevés de dépression, d’isolement social et de suicides. Selon l’OMS, 350 millions de personnes dans le monde en souffrent, et le nombre a quintuplé en dix ans.
En Suède, une étude a montré que les joueurs dépendants ont 15 fois plus de risques de suicide. En Australie, 4,2 % des suicides sont liés au jeu. En Azerbaïdjan, le sujet reste tabou, mais les psychologues tirent la sonnette d’alarme.
Les experts appellent à une stratégie nationale : réglementation stricte des plateformes, interdiction de publicités agressives et mise en place de centres de traitement spécialisés. Faute d’action, préviennent-ils, la ludomanie risque de devenir une nouvelle crise sanitaire comparable à la toxicomanie.
