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Monday, January 19, 2026

Étudiants sous pression : flambée des loyers et crise des résidences en Azerbaïdjan

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À Bakou, septembre est synonyme de rentrée universitaire et d’effervescence sur le marché locatif. Mais en 2023–2024, la situation atteint un niveau inédit : les loyers grimpent en flèche, les étudiants peinent à se loger, et universités comme autorités publiques cherchent des solutions.

Explosion des prix

Dans le district de Yasamal, une location de deux pièces coûte aujourd’hui 600–650 manats, trois pièces de 750 à 1 000. Dans les immeubles neufs, les loyers vont de 700 à 1 500 manats. Là où un étudiant déboursait 150 manats il y a quelques années, il en dépense désormais 200–250.

Selon l’agent immobilier Vafadar Akhundov : « Chaque rentrée, l’afflux d’étudiants fait bondir la demande. Les propriétaires en profitent pour gonfler artificiellement les prix. Pour de nombreuses familles, le loyer équivaut à la moitié du budget mensuel ».

Offre restreinte

Au-delà de la demande, le problème est l’insuffisance de l’offre. Beaucoup d’appartements sont loués sans amélioration, à des prix toujours plus élevés. Dans les nouveaux immeubles, les charges atteignent jusqu’à 10 % du loyer.

L’expert Elnur Farzaliev constate : « De plus en plus d’étudiants se tournent vers les banlieues — Khirdalan, Masazir, Absheron. Résultat : plusieurs heures de trajet quotidien et des frais supplémentaires ».

Héritage soviétique

La crise est encore plus visible dans les résidences étudiantes. Sous l’URSS, chaque grande université avait ses dortoirs. Les conditions étaient rudimentaires, mais efficaces. Dans les années 1990, beaucoup furent attribués aux déplacés internes des territoires occupés.

Aujourd’hui, avec le “Grand Retour”, certains bâtiments se libèrent, mais leur état est désastreux après des décennies sans rénovation.

Exemple universitaire

À l’Université d’architecture et de construction, seul un bâtiment a été rénové, accueillant 400 étudiants dans de bonnes conditions. « Les autres sont inhabitables », souligne le porte-parole Nijat Abdulayev. « Nous recherchons des financements avec le ministère ».

Avis du Parlement

Les députés rappellent l’explosion du nombre d’étudiants : moins de 100 000 en 1992, plus de 246 000 aujourd’hui. Or, très peu de résidences nouvelles ont été construites.

Elchin Mirzabayli insiste : « Rénover ne suffit pas. Il faut bâtir de grands complexes modernes. Le transfert de certaines universités vers les régions et la création de campus réduiraient la pression sur Bakou ».

Pour Jeyhun Mamedov : « L’État doit investir directement dans la construction de nouveaux dortoirs. Sans logement, les étudiants ne peuvent se concentrer sur leurs études ».

Solutions envisagées

Des économistes proposent de mobiliser le secteur privé, à l’image de la Turquie où les promoteurs construisent des résidences et réservent des places aux étudiants. Le tout sous régulation publique.

Des fonds internationaux, les frais de scolarité payants et les partenariats public-privé avec crédits préférentiels sont aussi évoqués.

Pression sociale

Beaucoup d’étudiants partagent des appartements à cinq, d’autres passent des heures dans les transports. Cela affecte leur santé, leur motivation et leur réussite académique.

Si rien n’est fait, chaque rentrée reproduira la même crise : loyers en hausse, tensions sociales et familles sous pression.

Conclusion

Le marché locatif et les résidences étudiantes en Azerbaïdjan sont à un tournant. Il ne suffit pas d’investir : une stratégie globale est nécessaire, combinant infrastructures modernes, développement de campus et implication du privé. Faute de quoi, Bakou restera pour la jeunesse synonyme de stress financier plutôt que d’opportunités éducatives.

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