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Saturday, January 17, 2026

« Le Monde est Plus Grand que Cinq » : Le Slogan d’Erdogan Devient Global

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Le discours de Recep Tayyip Erdogan à l’Assemblée générale de l’ONU cette année a attiré plus de clics que celui de Donald Trump sur le site d’information officiel de l’ONU. Comme l’explique l’analyste Rizvan Huseynov sur la chaîne YouTube Novosti Kavkaza, ce n’est pas un hasard.

Erdogan est arrivé à New York non seulement comme président de la Turquie, mais aussi comme porte-parole autoproclamé de la Palestine et, de plus en plus, du monde musulman. Son slogan « Le monde est plus grand que cinq – un monde juste est possible » s’est affiché sur les écrans de Times Square, devenant un cri de ralliement pour les gouvernements désillusionnés par l’ordre d’après-guerre.

Huseynov soutient que la récente vague de reconnaissances de la Palestine est bien plus qu’un geste symbolique. En l’ancrant dans le droit international, elle ouvre la voie à une coopération politique, voire militaire, avec Ramallah dans les frontières de 1967. Il cite Londres et Ankara comme forces motrices, notant que l’Espagne a gelé ses liens militaires avec Israël et que l’Italie a envoyé une escorte navale pour une flottille d’aide à Gaza. Pour lui, la réalité est que le prétendu monde multipolaire s’effondre déjà en deux camps – comme en physique, le courant ne circule qu’entre le plus et le moins.

Dans cette nouvelle carte, le poids de la Turquie monte en flèche. Son industrie de défense, son expérience militaire et ses liens avec l’Azerbaïdjan, le Pakistan et les partenaires arabes en font une pierre angulaire régionale. La décision d’Ankara de poursuivre sa propre recherche nucléaire, affirme Huseynov, est l’étape logique suivante. Sur l’échiquier du Moyen-Orient, la Turquie est devenue incontournable. La ligne de fracture dépendra de la position des pays sur le conflit israélo-palestinien – et la Turquie s’est érigée en déclencheur d’une nouvelle architecture de sécurité régionale.

Huseynov met également en avant la Grande-Bretagne. Si l’Amérique conserve encore la force brute, Londres détient l’intelligence – réseaux, influence et ingénierie politique. Voilà pourquoi il prédit un rapprochement entre Donald Trump et Erdogan. Washington, soutient-il, a besoin d’Ankara comme intermédiaire pour réintégrer le Moyen-Orient dans des conditions viables.

La course technologique ajoute une autre dimension. La robotique, l’IA, la production 3D, la biotechnologie et les énergies renouvelables redessinent les hiérarchies mondiales. La Chine avance peut-être plus vite en finance et monnaie numérique, mais elle manque d’alliés de poids. La Turquie, en revanche, allie diplomatie agile et base industrielle croissante, ce qui lui permet de « frapper au-dessus de sa catégorie ».

Quant à l’Europe, Huseynov estime qu’elle ne sera pas sauvée par Paris ou Berlin. Le véritable pilier se trouve à l’est et au nord : l’Ukraine, la Pologne, les pays nordiques et les Tchèques, dont les armées et industries sont prêtes au combat. L’Europe occidentale, dit-il franchement, est trop molle pour la tempête à venir.

La Russie et la Chine, entre-temps, sont acculées. Moscou est trop épuisée pour diriger une coalition anti-Chine, tandis que Pékin a de l’argent mais pas de pairs capables de partager le fardeau. Quant à l’Iran, il penche selon lui vers le compromis, une partie de son élite cherchant à rejoindre plutôt qu’à combattre le cadre émergent dirigé par les Turcs.

Sa conclusion est tranchante : les règles fixées en 1945 se sont effondrées en 1991 et, depuis, le consensus s’est dissous. Le monde ne débat plus de la « multipolarité ». Il glisse vers deux blocs. Ces blocs concluront soit un nouvel accord, soit s’affronteront directement. Et, à ce moment-là, Erdogan ne sera pas un figurant mais un architecte. Ses mots portent aujourd’hui plus loin que jamais.

Source : Novosti Kavkaza (en russe). Vidéo complète ici.

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