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Wednesday, January 14, 2026

À Bakou, la concurrence ; dans les régions, le vide : le problème le plus préoccupant de l’éducation

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L’un des enjeux les plus inquiétants du système éducatif est le manque d’enseignants dans les écoles. Dans la capitale et les grandes villes, la concurrence pour les postes est intense, alors que dans les régions, c’est l’inverse. Les écoles rurales, en particulier, souffrent d’une pénurie criante. Des projets ont été mis en place pour résoudre ce problème, mais ont-ils porté leurs fruits ? Quelle est la situation actuelle ?

Oxu.Az relaie l’analyse du journal Kaspi sur la question.

Actuellement, plus de 20 000 jeunes enseignants travaillent dans les établissements d’enseignement général d’Azerbaïdjan. Au cours des cinq dernières années, 18 136 enseignants ont été recrutés.
Lors du concours de recrutement 2023/2024, 6 081 jeunes enseignants ont obtenu un poste : 2 967 avec contrat à durée indéterminée et 3 114 avec contrat à durée déterminée. Parmi eux, 3 543 ont été affectés à des écoles rurales bénéficiant de mesures d’incitation : 1 768 dans le cadre du programme H1 et 1 775 dans celui du H2.

« Les mesures ne suffisent pas »
Pour Ceyhun Mammadov, membre de la commission de l’Éducation et des Sciences du Parlement, la pénurie d’enseignants en région est un problème de longue date qui s’aggrave :
« Nous verrons ce problème s’approfondir à l’avenir. Certaines mesures incitatives ont été prises, mais elles sont insuffisantes. Il faut repenser la manière de stimuler ce secteur. Sinon, la qualité de l’éducation en région sera menacée. »

« Les enseignants ne veulent pas aller dans les zones reculées »
Selon Elmin Nuri, responsable de secteur au Centre de recherches sociales, il n’existe pas de pénurie générale d’enseignants dans le pays, mais des difficultés à les affecter dans les villages isolés :
« Dans certaines disciplines, des centaines de candidats obtiennent de bons résultats aux concours, mais très peu décrochent un poste. Le problème tient à la répartition géographique et aux conditions sociales insuffisantes. »

Pour Nuri, la cause principale est sociale :
« Le climat, les routes et les conditions de vie ne permettent pas aux enseignants de rester longtemps. La majorité de ceux qui acceptent sont des femmes, et leur adaptation est plus difficile. »

Le débat sur la limite d’âge
Nuri estime qu’il faut réformer les programmes H1 et H2 :
« Le H1 s’applique aux enseignants travaillant à 20 km du centre de district, le H2 à 40 km, mais seulement pour les moins de 35 ans. Cette limite devrait être supprimée. Les incitations doivent être plus attrayantes, tant sur le plan financier que social. »

« Pas seulement un problème de personnel »
Pour Kamran Asadov, de l’ADPU, la question reflète aussi un manque structurel :
« À Bakou et Absheron, on compte en moyenne 7 candidats par poste. Dans des districts comme Qax, Lerik, Kalbajar, Yardimli ou Balaken, certaines matières n’ont aucun postulant. Cela soulève des questions sérieuses sur la qualité de l’enseignement. »

Des exemples à l’étranger
Asadov cite les modèles finlandais et sud-coréen :
« En Finlande, les enseignants en zone rurale peuvent, après trois ans, intégrer un programme de formation en ville. En Corée, ceux qui travaillent dans les campagnes reçoivent un supplément salarial de 25 à 40 % et un soutien médical et éducatif pour leur famille. En Azerbaïdjan, ces approches sont absentes. »

Propositions de solution
Les experts recommandent que le ministère élabore une « carte des zones à risque éducatif », adapte le recrutement universitaire aux besoins réels et offre des bourses, un logement, un transport et des avantages sociaux aux enseignants qui acceptent de travailler dans les zones éloignées. Sinon, dans cinq ans, il sera encore plus difficile de trouver des enseignants qualifiés en région et les inégalités éducatives régionales s’accentueront.

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