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Saturday, January 17, 2026

Crise de l’enseignement masculin : pourquoi les professeurs hommes disparaissent-ils en Azerbaïdjan ?

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Depuis plusieurs années, l’Azerbaïdjan connaît une évolution inquiétante : la disparition progressive des enseignants hommes dans le système scolaire. Dans de nombreux établissements, tout le corps enseignant est désormais féminin. Les experts rappellent qu’un enseignant est non seulement un transmetteur de savoir, mais aussi un modèle essentiel pour le développement moral et social des enfants.

Traditionnellement, ce désintérêt des hommes pour la profession était attribué à la faiblesse des salaires. Or, malgré les augmentations salariales récentes dans le secteur de l’éducation, le retour des hommes dans les écoles reste marginal. Même dans les universités, le nombre d’hommes inscrits en filières pédagogiques atteint un niveau historiquement bas.

Selon le Centre national des examens, le déséquilibre de genre dans les formations pédagogiques est considérable. À l’Université pédagogique d’État d’Azerbaïdjan, les hommes ne représentent que 14,64 % des étudiants, contre 85,36 % de femmes.

Les avis divergent. Certains estiment que les femmes sont naturellement plus portées vers l’enseignement :
« Les hommes choisissent souvent l’éducation physique, tandis que les femmes s’investissent davantage dans des disciplines comme la langue, les mathématiques ou les sciences. »

Mais de nombreux spécialistes insistent sur l’importance des modèles masculins, notamment pour l’éducation des garçons :
« Pour inculquer discipline, respect et sens des responsabilités, les enseignants hommes jouent un rôle clé. »

L’expert en éducation Kamran Asadov souligne que 81 % du personnel enseignant est féminin, contre 19 % masculin, et que l’âge moyen des professeurs hommes est de 47 ans, signe d’un manque de relève.

Il ajoute :
« Dans les écoles où des hommes enseignent les matières techniques et dirigent les établissements, les performances scolaires et la discipline sont nettement meilleures que dans les écoles entièrement féminisées. »

Asadov propose des mesures incitatives :
« Il faut introduire un salaire de base fixe d’au moins 600 manats pour les enseignants hommes, indépendamment du nombre d’heures, et couvrir ensuite les cours supplémentaires. »
Il recommande aussi de les exempter des frais de transport et de services publics, en raison de leur rôle de soutien de famille.

Les chiffres officiels confirment l’ampleur du problème : 117 000 enseignantes contre seulement 19 000 enseignants hommes. Pour l’année 2024–2025, seuls 1 781 hommes enseignent au primaire.

Les experts préconisent de favoriser le recrutement d’hommes dans les disciplines clés de la langue, littérature, histoire nationale et dans l’enseignement primaire, où se construisent les fondations de l’éducation.

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