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Sunday, January 18, 2026

Des “baby-box” en Azerbaïdjan : une chance de vie pour les nouveau-nés abandonnés

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Le récent drame survenu à Mingachevir, où un parent a laissé son bébé dans une cave, a ravivé la question de la protection des enfants abandonnés en Azerbaïdjan. Ce tragique événement relance le débat : la pratique des “baby-box” utilisée à l’étranger pourrait-elle devenir une solution pour le pays ?

Alors que des centaines de familles azerbaïdjanaises attendent depuis des années de pouvoir adopter un enfant, certaines abandonnent leurs nouveau-nés dans des lieux dangereux — dans la rue, près des poubelles ou, comme récemment, dans des sous-sols.

Entre les XVIIe et XIXe siècles, des pays comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la Suisse installaient des berceaux anonymes près des églises. Le parent déposait l’enfant, sonnait la cloche et les moines prenaient soin du bébé. Aujourd’hui, une pratique similaire existe en Turquie près des mosquées, et la Géorgie l’a récemment réintroduite.

La clinique Saint-Joseph de Berlin illustre la version moderne du système. Un passage discret mène à un dispositif appelé baby-klappe (“fenêtre de vie”). Lorsqu’un bébé y est déposé et la porte refermée, une alarme se déclenche automatiquement et le personnel médical intervient aussitôt. L’élément essentiel est l’anonymat total : aucune caméra, aucun enregistrement du parent. À l’intérieur, une feuille avec code QR permet à la mère de revenir dans les deux mois si elle change d’avis.

Un sondage mené à Bakou révèle que la population se montre globalement favorable à l’introduction des baby-box en Azerbaïdjan.

« Ce serait une bonne initiative. Au moins, au lieu d’abandonner l’enfant dans les ordures, on saurait qu’il sera pris en charge par l’État », explique un participant.

« Laisser un bébé dans un lieu propre, ce n’est pas la même chose que de le déposer devant une poubelle », ajoute un autre.

La députée Parvana Veliyeva rappelle qu’en Azerbaïdjan, les parents peuvent confier officiellement leurs enfants à des hôpitaux ou des foyers, mais que l’absence d’anonymat pousse certains à les abandonner dans des conditions dangereuses.

« Selon la Constitution et la Convention relative aux droits de l’enfant, dont l’Azerbaïdjan est signataire, l’État est le garant direct de la protection des enfants. L’installation de tels dispositifs pourrait donc sauver des vies tout en protégeant l’identité des parents », souligne-t-elle.

Le Code pénal azerbaïdjanais prévoit jusqu’à trois ans d’emprisonnement pour l’abandon d’un enfant. En cas de mise en danger de la vie d’une personne sans défense, les peines vont d’une amende de 1.000 à 1.500 manats à un an de travaux d’intérêt général ou six mois de prison.

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