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Friday, January 16, 2026

Fin du Groupe de Minsk alors que la politique de l’OCS révèle de nouvelles lignes de fracture

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1er septembre 2025. La dissolution du Groupe de Minsk de l’OSCE, l’opposition de l’Inde à l’adhésion pleine et entière de l’Azerbaïdjan à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et la concurrence accrue autour des corridors de transit eurasiens ont dominé l’analyse du professeur Rovshan Ibrahimov, de l’Université Hankuk (Corée du Sud), dans une interview à l’émission Современный разговор.

Le Groupe de Minsk fermé officiellement
Ibrahimov a décrit la fin du processus de Minsk de l’OSCE comme largement symbolique mais décisive.

« Le Groupe de Minsk a toujours été un format de médiation, pas un organe doté de pouvoirs juridiques. Une fois que l’Azerbaïdjan et l’Arménie ont déclaré conjointement le conflit résolu, son existence a perdu toute base », a-t-il dit.

Il a qualifié cette fermeture de succès diplomatique pour Bakou, reflétant à la fois la restauration de la souveraineté et la Déclaration de Washington du 8 août entre les présidents Ilham Aliyev et Nikol Pachinian.

Politique de l’OCS : l’Inde bloque Bakou, le Pakistan bloque Erevan
Évoquant le sommet de l’OCS à Tianjin, il a noté le geste de l’Inde qui a bloqué l’adhésion de l’Azerbaïdjan. Parallèlement, le Pakistan s’est opposé à l’adhésion de l’Arménie, même si Islamabad et Erevan ont montré leur volonté d’établir pour la première fois des relations diplomatiques.

« En droit international, la reconnaissance peut être implicite. Ne pas bloquer l’adhésion aurait signifié que le Pakistan reconnaissait l’Arménie », a-t-il déclaré.

La rencontre Aliyev–Poutine reste incertaine
Les spéculations se poursuivent sur une éventuelle rencontre entre les présidents Aliyev et Vladimir Poutine en marge de l’OCS. Selon Ibrahimov, seul un dialogue de chef à chef pourrait apaiser les tensions après les récentes attaques médiatiques russes contre l’Azerbaïdjan et l’indignation suscitée par les propos d’Aliyev qualifiant l’entrée de l’Armée rouge en 1920 d’« occupation ».

Logistique : le Corridor médian passe par Bakou
Le professeur a souligné le rôle de l’Azerbaïdjan comme centre du Corridor médian. Il a mis en avant le partenariat émergent Azerbaïdjan–Turkménistan–Ouzbékistan :

  • Le Turkménistan a modernisé son port de Türkmenbaşi, désormais plus grand que celui d’Alat à Bakou, et construit ses propres navires.

  • L’Ouzbékistan investit massivement dans les terminaux géorgiens, envisage d’acheter des navires à l’Azerbaïdjan et au Turkménistan et cherche une présence au port d’Alat.

  • Les nouvelles liaisons ferroviaires Chine–Kirghizistan–Ouzbékistan et l’extension des terminaux frontaliers Kazakhstan–Chine alimenteront des routes de transit qui convergent en Azerbaïdjan avant de se diriger vers l’Ouest.

Pourquoi c’est important
La combinaison de la fermeture du Groupe de Minsk, de la politique interne de l’OCS et du nouvel engagement de l’Asie centrale montre comment les réalités d’après-guerre du Caucase du Sud s’intègrent dans la géopolitique eurasiatique plus large.

« Quelles que soient les routes alternatives —via le Kazakhstan ou le Turkménistan—, toutes les routes passent désormais par l’Azerbaïdjan », a conclu Ibrahimov.

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