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Friday, January 16, 2026

La jeunesse avec ses valises : pourquoi l’éducation en Azerbaïdjan ne retient pas ses diplômés

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Aujourd’hui, la jeunesse azerbaïdjanaise se trouve dans une situation paradoxale. D’un côté, le nombre d’universités, de programmes internationaux et de diplômés augmente dans le pays. De l’autre, de nombreux diplômés rêvent d’une vie à l’étranger. “L’humeur des valises” est devenue courante pour la nouvelle génération, et s’explique non seulement par le romantisme de l’Occident, mais aussi par des problèmes bien réels à la maison.

L’éducation ne garantit pas l’avenir

Les universités azerbaïdjanaises forment chaque année des milliers de spécialistes. Mais le marché du travail reste étroit et incapable de les absorber. Un diplômé se retrouve souvent soit à accepter un emploi mal payé et éloigné de sa spécialité, soit à partir chercher sa place ailleurs. Ainsi, le système éducatif perd son sens : il forme du personnel pour d’autres économies.

Les rêves de “billet aller simple”

Pour de nombreux jeunes Azerbaïdjanais, une bourse à l’étranger ou un premier stage en Europe devient une chance de ne pas revenir. La raison est simple : l’absence de perspectives de carrière transparentes dans le pays. Là où ce ne sont pas les compétences mais les relations qui décident, l’enthousiasme s’éteint rapidement.

Le contraste social

Bakou affiche des vitrines de nouvelle architecture et de forums internationaux, mais dans l’intérieur du pays, la vie des jeunes a peu changé. L’éducation y est souvent réduite à la théorie sans pratique, et les perspectives —à la bureaucratie locale. Ce fossé entre “image globale” et “réalité locale” ne fait que renforcer le sentiment d’impasse.

Ce qu’il faut changer

Si l’État veut réellement retenir sa jeunesse, il faut :
• des règles transparentes sur le marché du travail, où la qualification prime ;
• des investissements dans les universités régionales et les programmes de stages nationaux ;
• le développement de secteurs innovants qui créent de vrais emplois, et pas seulement des projets d’image.

L’avenir s’envole à l’aéroport

La jeunesse n’est pas un “groupe social” abstrait. C’est l’avenir du pays. Et tant que les meilleurs cerveaux quittent l’Azerbaïdjan avec un aller simple, les discours sur la “nouvelle économie” et le “capital humain” restent de la rhétorique. La question clé est brutale : qui construira demain si les diplômés d’aujourd’hui n’y croient pas ici ?

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