0.5 C
Munich
Thursday, January 15, 2026

L’Arménie Déclare la Fin du ‘Mouvement du Karabakh’ : Quelles Conséquences pour le Caucase du Sud ?

Doit Lire


Par le Dr Namiq Aliyev

La déclaration du Premier ministre arménien Nikol Pachinian, le 22 août, annonçant la fin du soi-disant “Mouvement du Karabakh”, marque un tournant historique. Pachinian a qualifié le mouvement de “politiquement et historiquement épuisé”, reconnaissant ce que beaucoup considèrent comme l’effondrement définitif de l’agenda séparatiste de l’Arménie, vieux de plusieurs décennies.

Pour l’Azerbaïdjan, cette reconnaissance dépasse le symbole — elle représente l’aboutissement de plus de 30 ans de lutte pour restaurer son intégrité territoriale. Mais les implications vont au-delà des relations bilatérales et influencent l’architecture géopolitique du Caucase du Sud.

Du séparatisme à la défaite : Les quatre étapes du ‘Mouvement du Karabakh’

Le mouvement a débuté à la fin des années 1980 sous couvert de “droit à l’autodétermination”, évoluant en occupation armée à grande échelle au début des années 1990. Soutenues par l’Arménie, les forces séparatistes ont pris le contrôle du Haut-Karabakh et de sept districts environnants, provoquant le déplacement de plus de 700 000 Azerbaïdjanais et d’importantes destructions.

Pendant des décennies, le Groupe de Minsk a servi de médiateur sous prétexte de paix, mais en réalité, il a maintenu le statu quo. La situation a changé en 2020, lorsque l’Azerbaïdjan a lancé la Seconde Guerre du Karabakh, reprenant la plupart des terres occupées. En 2023, grâce à des efforts militaires et diplomatiques, Bakou a rétabli son contrôle total sur l’ensemble de son territoire.

Pourquoi la déclaration de Pachinian est importante

L’aveu de Pachinian va au-delà de la rhétorique. Il traduit une profonde mutation du discours interne de l’Arménie, qui passe des récits irrédentistes à une stratégie pragmatique de survie. Toutefois, des clauses constitutionnelles évoquant encore la “réunification avec le Haut-Karabakh” subsistent, créant des contradictions juridiques que l’Arménie devra résoudre pour éviter l’instabilité future.

Une opportunité pour une vraie paix

Avec la fin de l’ère de l’occupation, le Caucase du Sud a l’opportunité d’une intégration régionale authentique — si les mythes nationalistes cèdent la place à la coopération économique. Pour l’Arménie, cela signifie abandonner les fantasmes de la “Grande Arménie” et participer à des projets tels que le corridor de Zanguezour, susceptible de transformer la région en un hub commercial et énergétique.

- Advertisement -spot_img

Plus d'articles

- Advertisement -spot_img

Dernières