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Wednesday, January 14, 2026

L’Azerbaïdjan boude la réunion des ministres de l’Intérieur de la CEI alors que ses relations avec Moscou se détériorent

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L’absence de l’Azerbaïdjan au dernier Conseil des ministres de l’Intérieur de la CEI à Saint-Pétersbourg est un signe supplémentaire du refroidissement des liens avec la Russie, sur fond de tensions diplomatiques croissantes, d’arrestations massives de citoyens azerbaïdjanais en Russie et d’un incident mortel impliquant le transporteur national.

Selon le Comité exécutif de la CEI, des délégations d’Arménie, du Bélarus, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de Russie, du Tadjikistan, du Turkménistan et de l’Ouzbékistan étaient présentes. Mais la délégation azerbaïdjanaise, habituellement conduite par le ministre de l’Intérieur Vilayet Eyvazov, était absente. Bakou n’a pas livré d’explication officielle, la presse locale ayant simplement noté l’absence.

Bien que l’ordre du jour portait sur la lutte contre la criminalité organisée, la migration illégale et le renforcement de la coopération policière, les tensions politiques ont dominé la rencontre, interprétée comme un message diplomatique silencieux à Moscou.

Des arrestations à la tragédie aérienne

Les relations se sont brusquement tendues le 27 juin, lorsque les autorités russes ont arrêté cinquante Azerbaïdjanais à Ekaterinbourg, les accusant de divers crimes. Bakou a protesté, dénonçant les arrestations massives à motif ethnique. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a ensuite reconnu que les liens étaient devenus “compliqués”, tout en gardant l’espoir d’un apaisement.

La tension a culminé début juillet, lorsqu’un avion d’Azerbaijan Airlines (AZAL) a été abattu par les forces russes près de la frontière, causant la mort de tous les passagers. Moscou évoque une “terrible erreur” due à une méprise dans une zone militaire sous haute alerte. Bakou exige une enquête complète et transparente, qui n’a toujours pas abouti.

Cet événement n’a pas seulement choqué la population; il a aussi profondément ébranlé le leadership, qui y voit une rupture inacceptable de confiance.

Virage stratégique

Ces tensions surviennent alors que l’Azerbaïdjan approfondit sa coopération avec les États-Unis et l’Union européenne, renforçant sa place comme fournisseur clé d’énergie. Le récent sommet de paix à Washington entre le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, le Premier ministre arménien Nikol Pashinyan et Donald Trump a fait avancer le traité tant attendu et mis en évidence l’influence croissante de Washington dans le Caucase du Sud, au détriment de Moscou.

Pour la Russie, habituée à dominer l’espace postsoviétique, le rapprochement occidental de Bakou est mal accueilli. Mais ses propres actions n’ont fait qu’élargir le fossé.

Des signaux qui ne passent pas inaperçus

L’absence de l’Azerbaïdjan à la réunion peut sembler anodine, mais en diplomatie régionale, elle est lourde de sens : Bakou ne poursuivra pas les échanges habituels tant que les conflits ne sont pas résolus.

Qu’il s’agisse d’un éloignement durable ou passager dépendra surtout de la gestion de la crise AZAL par la Russie. Pour l’instant, les deux capitales restent sur leurs gardes.

2024–2025 : incidents majeurs et réactions diplomatiques Russie–Azerbaïdjan

Incidents clés
25 décembre 2024 : Vol AZAL abattu près de Grozny (38 morts ; enquête exigée par l’Azerbaïdjan)
27 juin 2025 : Arrestations massives d’Azerbaïdjanais en Russie (deux décès en détention)
7–8 août 2025 : Attaque de drones russes sur la base SOCAR à Odessa
12 août 2025 : L’Azerbaïdjan ne participe pas à la session des ministres CEI

Réponses diplomatiques
Juillet 2025 : Poutine parle de relations “compliquées”
8 août 2025 : Déclaration de paix à Washington
Juillet 2025 : Bakou renforce ses liens énergétiques avec l’Ukraine et l’UE
12 août 2025 : Absence stratégique : la confiance est rompue tant que les problèmes restent sans solution

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