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Thursday, January 15, 2026

L’Azerbaïdjan vise une hausse des dépenses de défense face à la montée des risques régionaux

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L’Azerbaïdjan prévoit de porter les dépenses de défense et de sécurité à 8 714,8 millions d’AZN en 2026, soit +3,8 % par rapport au scénario approuvé pour 2025, ouvrant la voie à la modernisation des armements, à un approfondissement de la coopération industrielle et à une accélération des transferts de technologie tout en couvrant les risques régionaux.

Dans un entretien à Minval Politika, l’analyste militaire Tamerlan Vagabov a jugé la décision « absolument justifiée », citant la hausse des perceptions de menace – du réarmement arménien au besoin de consolider le contrôle au Karabakh et de renforcer la surveillance des frontières. Selon lui, des recettes adossées aux hydrocarbures (budget total proche de 41,5 Mds AZN) permettent d’absorber l’augmentation sans creuser le déficit. Vagabov a occupé des postes élevés au ministère de l’Intérieur et dans le secteur de la défense en Ukraine, ainsi qu’aux MAE, Intérieur et Économie d’Azerbaïdjan, et a coordonné un projet antiterroriste au Secrétariat général d’Interpol en France.

Pourquoi maintenant
L’allocation vise aussi la diversification des chaînes d’approvisionnement et la localisation pour réduire la dépendance extérieure. L’industrie de défense azerbaïdjanaise mêle « fiabilité soviétique, mobilité turque et précision israélienne » ; des financements ciblés maximiseraient le rendement par manat investi.

Volet OTAN et modernisation de la force
Vagabov s’attend à ce que des fonds supplémentaires redynamisent la coopération IPAP avec l’OTAN – des achats de radars interopérables à l’entraînement conjoint (il cite des cours d’opérations aériennes tenus en mai 2025) – et accélèrent la standardisation. Priorités :

  • Capacités UAV/ISR et défense aérienne anti-drones

  • Cybersécurité/défense

  • Numérisation C4ISR et logistique/formation via VR

  • Rétrofits sélectifs de plateformes (ex. améliorations T-72)

Il estime que ces mesures peuvent accroître la flexibilité tactique de 20–30 % tout en alignant les plateformes héritées sur les procédures occidentales.

Priorités industrielles et R&D
Le complexe industriel de défense a besoin de 25–35 % du budget – env. 2–3 Mds AZN/an – pour la R&D en microélectronique, fabrication additive et systèmes anti-drones, où les importations pèsent encore ~65–70 %. La hausse d’env. 318 M AZN prévue en 2026 pourrait catalyser :

  • le lancement de lignes locales de production de drones,

  • des partenariats formels de transfert de technologie,

  • l’embauche de 500+ ingénieurs,

  • une réduction des vulnérabilités de 15–20 % (selon lui).

Bien menée, l’association usines historiques/startups deep-tech renforcerait l’autonomie et ouvrirait, à terme, des niches d’exportation de plus de 500 M$.

Partenariats externes
Le budget accru devrait consolider des axes existants :

  • Turquie : coopération sur hélicoptères ATAK et upgrades Bayraktar (discussions mises en avant à l’IDEF 2025)

  • Israël : solutions de défense aérienne et optiques/capteurs pour blindés

  • Pakistan : formats trilatéraux liés au chasseur KAAN et aux kits d’infanterie légère

Une « mise en balance » calibrée intégrant plusieurs écoles technologiques tout en préservant la marge diplomatique.

À retenir
Selon les partisans, un budget plus important et ciblé peut :

  • Moderniser les portefeuilles UAV/C-UAS, IADS, cyber et C4ISR,

  • Renforcer la base industrielle via coproduction et conception locale,

  • Couvrir les risques évolutifs dans un environnement régional volatil.

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