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Tuesday, January 20, 2026

Le bilan des exécutions en Iran : où les grues servent la potence et non la construction

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Partout dans le monde, les grues soulèvent l’acier et bâtissent des skylines. En Iran, elles soulèvent des corps humains. Ailleurs outil de progrès, à Téhéran elles deviennent symbole de mort, les exécutions étant menées avec une précision mécanique.

Les groupes de défense des droits humains avertissent que l’Iran bat des records d’exécutions jamais vus depuis une décennie. Près de 200 personnes ont été exécutées en un seul mois cette année — dont 21 femmes. Trois exécutions ont eu lieu sur des places publiques, forçant des enfants à assister au spectacle.

Les Nations unies ont signalé plus de 900 exécutions en 2024. Si la tendance actuelle continue, cette année dépassera ce sombre chiffre. Les autorités évoquent des crimes tels que meurtre, trafic de drogue ou agression sexuelle. Mais les défenseurs des droits, dont Amnesty International, soulignent que de nombreux verdicts sont prononcés à l’issue de procès factices, de confessions extorquées et de violations du droit international.

Les exécutions ont augmenté parallèlement aux vagues de protestations, suggérant que la peine de mort n’est pas seulement une punition mais aussi une arme de contrôle politique. Pour faire taire la dissidence, le régime mise sur la peur — mais la peur alimente aussi la colère. Comme le notent les observateurs, la colère publique est comme un torrent : aucun mur ni barrage ne peut la contenir indéfiniment.

La cruauté n’est pas nouvelle. Dans les années 1980, les exécutions de masse sous le régime clérical ont valu à Ebrahim Raïssi le surnom de « Boucher ». Des décennies plus tard, en tant que président, Raïssi a présidé une nouvelle vague de condamnations à mort jusqu’à sa mort dans un crash d’hélicoptère en 2024. Mais la machine qu’il a laissée continue de tourner.

Comble de l’horreur, Amnesty International a révélé que les autorités de Téhéran ont commencé à raser au bulldozer les tombes des prisonniers politiques exécutés dans les années 1980, transformant même certaines parties du cimetière Behesht Zahra en arrêts de bus — effaçant ainsi les preuves des crimes d’État.

Le rythme record des exécutions actuelles pose une question obsédante : si l’Iran enterre le passé sous l’asphalte, comment dissimulera-t-il les tragédies du présent ?

Bizim.Media

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