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Tuesday, January 20, 2026

Le Parlement turc appelle à la suspension de l’adhésion d’Israël à l’ONU face à la crise de Gaza

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Le Parlement turc a adopté à l’unanimité une résolution demandant la suspension de l’adhésion d’Israël à l’ONU et aux autres organisations internationales, ainsi que la fin de tous les liens militaires et commerciaux avec l’État hébreu.

Le texte, signé par le président de l’Assemblée, Numan Kurtulmuş, a été approuvé lors d’une session extraordinaire consacrée à la crise de Gaza.

« Nous appelons à la suspension de l’adhésion d’Israël à l’ONU et aux organisations internationales tant que son gouvernement poursuit une politique de génocide. Nous appelons également tous les parlements nationaux à interrompre leurs relations militaires et commerciales avec Israël et à prendre des mesures immédiates pour lever l’embargo contre la Palestine », stipule la résolution.

Le texte accuse directement Israël de commettre un « génocide » à Gaza, traduisant la ligne de plus en plus dure d’Ankara.

Pourquoi la Turquie a pris cette décision
Cette initiative intervient alors que les opérations militaires israéliennes provoquent destructions massives et pertes civiles croissantes à Gaza. Les responsables turcs estiment que la crise humanitaire — aggravée par les restrictions sur l’aide et les déplacements massifs de population — nécessite une action internationale plus ferme.

Pour Ankara, la résolution a plusieurs objectifs : exprimer sa solidarité avec le peuple palestinien, accroître la pression diplomatique sur Israël et affirmer son ambition de s’imposer comme une voix majeure de la cause palestinienne dans le monde musulman.

Le contexte de la politique étrangère d’Erdoğan
Le président Recep Tayyip Erdoğan fait de la question palestinienne un axe central de sa diplomatie, entre appartenance à l’OTAN, alliances occidentales et ouverture vers le monde islamique. Cette résolution conforte le récit selon lequel Israël agit en dehors du droit international et que les institutions mondiales échouent à le tenir responsable.

En appelant à la suspension de l’adhésion d’Israël à l’ONU — une démarche rarement proposée à ce niveau — la Turquie durcit son discours et tente d’inciter d’autres pays à majorité musulmane à suivre la même voie.

Conséquences régionales
La décision reflète aussi l’évolution des équilibres au Moyen-Orient. Tandis que plusieurs États arabes ont normalisé leurs relations avec Israël via les Accords d’Abraham, Ankara emprunte la voie inverse, accentuant ses critiques et se présentant comme défenseur des droits palestiniens.

Les analystes estiment qu’Ankara cherche à la fois un rôle de leadership moral dans le monde musulman et davantage d’influence dans les forums internationaux. En qualifiant les actions d’Israël à Gaza de crimes contre l’humanité, la Turquie espère mobiliser un soutien en faveur de sanctions plus sévères et d’un isolement politique.

Et après ?
Bien que la résolution ne soit pas contraignante au plan international, sa portée symbolique est importante. Elle s’ajoute aux appels croissants d’ONG et de gouvernements demandant qu’Israël rende des comptes.

Les députés turcs insistent également sur la levée du blocus de Gaza et la garantie d’un accès humanitaire, conditions jugées essentielles pour la paix.

Il reste incertain que l’initiative d’Ankara trouve un écho à l’ONU, mais elle confirme la volonté de la Turquie de défier Israël sur la scène mondiale et d’endosser un rôle affirmé de défenseur de la Palestine.

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