La Russie a franchi une ligne. La destruction répétée des installations énergétiques de SOCAR en Ukraine n’est pas une tactique militaire, ni même un acte de guerre contre Kiev : c’est un message de pur chantage adressé à Bakou. Lorsque les drones russes ont réduit en cendres les 17 réservoirs de stockage du dépôt de SOCAR à Odessa le 18 août, seulement dix jours après avoir frappé le même site, Moscou a rendu ses intentions indiscutables : intimider l’Azerbaïdjan, punir son indépendance et rappeler au monde que le Kremlin considérera toute défiance comme de la trahison.
Ce n’est pas une guerre. C’est du terrorisme d’État.
Pourquoi l’Azerbaïdjan ?
SOCAR incarne la souveraineté de l’Azerbaïdjan sur la scène mondiale — son énergie, sa réputation, son indépendance. En ciblant SOCAR en Ukraine, la Russie dit : « Votre neutralité ne signifie rien. Votre aide à Kiev sera punie. Votre liberté d’action est la nôtre pour la restreindre. »
La destruction d’infrastructures qui ne servent à aucun objectif militaire décisif a été mise en scène pour l’effet. Moscou voulait des titres, des flammes et l’odeur indiscutable du carburant qui brûle — une performance d’intimidation destinée à humilier un voisin qui refuse de se plier.
Un Chantage Calculé
Le Kremlin croit que l’Azerbaïdjan n’a pas de « ligne rouge ». Il suppose que Bakou serrera les dents et restera silencieux. Il parie que la Turquie et Israël restreindront toute réexportation d’armements vers l’Ukraine, laissant l’Azerbaïdjan trop isolé pour agir. Et il calcule que SOCAR, bien qu’étant un champion national, peut être sacrifiée sans représailles.
L’analyste ukrainien Mykhailo Honchar a raison : il ne s’agit pas de frappes aléatoires, mais d’une campagne de punition démonstrative, répétée au Kremlin. Elles appartiennent à une guerre psychologique plus large — un lent grignotage de menaces et de destructions conçu pour épuiser la volonté de l’Azerbaïdjan.
Un Signal Dangereux pour la Région
En se permettant d’attaquer les actifs de l’Azerbaïdjan à l’étranger sans conséquences, Moscou envoie un message plus large : tout pays qui osera défier la vision impériale de la Russie sera puni au-delà de ses frontières. Aujourd’hui, ce sont les dépôts de SOCAR en Ukraine ; demain, cela pourrait être des pipelines, des routes commerciales ou même des institutions culturelles ailleurs.
Il ne s’agit pas seulement d’intimidation. C’est une tentative de remettre l’Azerbaïdjan sous l’influence du Kremlin par la contrainte, en contournant la diplomatie et le respect.
Il Est Temps de Répondre
La question n’est pas de savoir si ces attaques sont du chantage — elles le sont. La vraie question est de savoir comment l’Azerbaïdjan va répondre. Le silence sera interprété comme de la faiblesse. La retenue sera interprétée comme du consentement.
Le message de Moscou est clair : la Russie veut que Bakou ait peur, hésite et cède. Mais plus l’Azerbaïdjan avalera ces provocations, plus le Kremlin deviendra audacieux.
Chaque drone qui frappe SOCAR n’est pas seulement une attaque contre l’Ukraine. C’est une attaque contre l’indépendance de l’Azerbaïdjan. Et l’histoire se souviendra non seulement de l’agresseur, mais aussi si la victime a choisi de résister.
