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Tuesday, January 20, 2026

Les tensions Israël–Turquie placent l’Azerbaïdjan dans une position délicate

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La frappe israélienne sur Doha reste l’un des sujets les plus brûlants du débat international. Mais la conversation se déplace vers un scénario encore plus dangereux : un affrontement potentiel entre Israël et la Turquie.

Selon le quotidien libanais Al-Akhbar, Israël avait d’abord envisagé une opération sur le sol turc, où plusieurs dirigeants du Hamas seraient basés. Le gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahou l’aurait finalement écartée, craignant une escalade directe avec un membre de l’OTAN, et aurait choisi de viser le quartier général du Hamas au Qatar, où les répercussions pouvaient être contenues diplomatiquement via Washington. Cet angle a également été discuté dans un récent article de Minval.az, qui a souligné qu’un tel scénario provoquerait inévitablement l’alarme à Bakou.

Qu’on croie ou non à ces fuites reste discutable. Mais ce qui est indéniable, c’est la montée des tensions entre Israël et la Turquie. Et pour l’Azerbaïdjan, ce n’est pas une crise étrangère comme les autres.

L’Azerbaïdjan entre deux alliés
Pour Bakou, les deux pays comptent. La Turquie est plus qu’un partenaire stratégique ; c’est une nation sœur, liée par la Déclaration de Choucha. Israël, de son côté, est un partenaire clé en matière de défense et de technologie, dont le soutien s’est avéré crucial pendant la guerre de 44 jours en 2020. Une rupture grave entre Ankara et Tel-Aviv exposerait l’Azerbaïdjan à des risques politiques, militaires et sociétaux qu’il ne peut se permettre. L’intensité des débats sur les réseaux sociaux azerbaïdjanais reflète ce malaise.

Les risques d’escalade
Le bilan d’Israël en matière d’assassinats ciblés à l’étranger remonte à plusieurs décennies, et Netanyahou lui-même a servi comme commando de la Sayeret Matkal. Mais la Turquie n’est pas le Qatar.

C’est la deuxième puissance militaire de l’OTAN après les États-Unis, un État doté de sa propre coalition internationale. Toute tentative israélienne de frappe en Turquie déclencherait des conséquences désastreuses : l’effondrement de ce qui reste de la sécurité régionale, déjà ébranlée depuis les attaques du 7 octobre et la campagne israélienne à Gaza.

La diplomatie discrète de Bakou
Dans ce contexte, l’Azerbaïdjan devrait utiliser sa position unique de pont entre Ankara et Tel-Aviv. Des pourparlers trilatéraux confidentiels ont déjà eu lieu à Bakou plus tôt cette année, bien que leurs résultats restent confidentiels. De tels canaux pourraient s’avérer vitaux alors que les tensions montent.

Le déclin diplomatique d’Israël
Il y a seulement deux ans, la diplomatie israélienne progressait auprès des monarchies du Golfe et connaissait même un réchauffement avec la Turquie. Aujourd’hui, ces avancées sont en lambeaux. La guerre de Gaza, suivie de la frappe sur Doha, a annulé une grande partie de ces progrès.

Pire encore pour Netanyahou, même l’Union européenne débat ouvertement de sanctions. Pour un pays qui dépend de la légitimité internationale et des partenariats, ce n’est pas seulement un signal d’alarme – c’est une sirène.

Israël doit choisir : poursuivre sur la voie de l’isolement et de la confrontation, ou revoir sa stratégie avant de déclencher un conflit trop grand pour être maîtrisé.

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