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Tuesday, January 20, 2026

« Occupation, Pas Libération » : Aliyev Recontextualise l’Histoire dans un Climat de Tensions avec le Kremlin

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Le président Ilham Aliyev a qualifié la prise de contrôle soviétique de l’Azerbaïdjan en 1920 d’« occupation », une interprétation historique que les analystes estiment révélatrice de la détérioration des relations entre Bakou et Moscou. Dans une récente interview avant sa visite en Chine, Aliyev a relié le passé de l’Azerbaïdjan aux réalités géopolitiques actuelles, insistant sur le fait que le pays n’acceptera jamais de compromis sur sa souveraineté ou ses frontières. Il a également qualifié la guerre en cours de la Russie en Ukraine d’« invasion ».

L’analyste politique Ramiz Yunus, ancien responsable gouvernemental à Bakou, a déclaré sur Dmitriy Gordon TV que ces propos marquaient le point le plus bas des relations azerbaïdjano-russes depuis l’indépendance. Il a noté que le choix des mots d’Aliyev avait un poids inhabituel, compte tenu du calendrier d’éventuelles rencontres avec Vladimir Poutine lors d’événements internationaux à venir.

« Aliyev a tracé des lignes rouges claires », a dit Yunus. « Il a qualifié 1920 d’occupation, décrit l’Ukraine comme victime d’une invasion et signalé à la Russie, à l’Occident, à la Chine, à l’Iran et à Bruxelles que la souveraineté de l’Azerbaïdjan n’est pas négociable. »

Mémoire Historique et Mutation Sécuritaire

Les analystes soulignent que la mémoire historique de l’Azerbaïdjan considère depuis longtemps le 28 avril 1920 comme une occupation, mais jusqu’ici un tel langage était rarement utilisé par le chef de l’État. La déclaration survient après une série de frictions avec Moscou, dont l’abattage d’un avion civil azerbaïdjanais l’an dernier et ce que Bakou considère comme des campagnes médiatiques russes hostiles.

Yunus a souligné que le paysage militaire et diplomatique de l’Azerbaïdjan avait changé depuis la deuxième guerre du Karabakh en 2020. « La Russie n’a aujourd’hui plus de leviers significatifs sur l’Azerbaïdjan », a-t-il dit, citant la Déclaration de Choucha avec la Turquie, les réformes de l’armée selon les standards de l’OTAN et les partenariats croissants de Bakou avec les puissances occidentales et régionales.

Implications Régionales et Mondiales

L’interview d’Aliyev a également réaffirmé le principe de Bakou selon lequel les problèmes régionaux doivent être résolus par les États de la région. Yunus a lié cela à la gestion par l’Azerbaïdjan du conflit du Karabakh sans intervention extérieure et à son soutien continu à l’Ukraine via l’aide humanitaire.

Ces propos interviennent quelques jours avant la participation d’Aliyev à des événements en Chine, où il pourrait partager la scène avec Poutine. Yunus a déclaré que le moment choisi soulignait l’intention de Bakou de s’exprimer ouvertement avant toute rencontre possible.

« Même si les politesses diplomatiques subsistent, la politique est claire », a-t-il ajouté. « L’Azerbaïdjan ne transigera pas sur sa souveraineté, et Moscou doit s’adapter à cette réalité. »

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