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Friday, January 16, 2026

Passeport sans Ararat : le changement de symbole met à l’épreuve la politique arménienne avant le scrutin

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La décision de l’Arménie de retirer l’image du mont Ararat du tampon d’entrée des passeports à partir du 1er novembre a déclenché un vif débat sur l’identité et le symbolisme, qui façonne déjà le paysage préélectoral, selon l’émission hebdomadaire de CivilNet animée par Stella Meghrabekyan et Arshaluis Mgdesyan.

Les responsables assurent que la mesure n’a rien à voir avec des exigences turques et qu’elle s’inscrit dans une stratégie plus large de “résilience de l’État”. Mais le changement touche un point sensible : l’Ararat – visible depuis une grande partie de l’Arménie mais situé en Turquie – a longtemps été un symbole national puissant. Les commentateurs de l’émission ont affirmé que de tels symboles ne sont pas de simples détails cérémoniels, mais des signaux politiques ayant un véritable impact social.

La politique à travers le prisme des symboles
Selon les présentateurs, presque tous les messages internes majeurs s’intègrent désormais dans un cadre de campagne :

  • Contrat civil (du Premier ministre Nikol Pachinian) fait campagne sur l’idée de livrer la paix “par tous les moyens possibles” et de lever les obstacles sur cette voie.

  • La faction “Avec honneur”, liée à l’ancien président Serge Sargsian, promet de renverser Pachinian, l’accusant de compromettre la sécurité et l’intégrité territoriale de l’Arménie.

  • L’homme d’affaires Gagik Tsarukyan et son parti Arménie prospère attirent l’attention avec des propositions spectaculaires – notamment ériger ce qu’ils présentent comme la plus grande statue du Christ au monde.

  • Les alliés de l’oligarque russo-arménien détenu Samvel Karapetyan ont lancé un mouvement politique appelé à devenir un parti.

  • L’ancien président Robert Kotcharian cherche encore une formule électorale viable, tandis que l’opposition peine à se redéfinir.

Avec une apathie publique avoisinant les 60 % selon des sondages récents cités dans l’émission, l’opposition n’offre pas de récit alternatif clair, tandis que le gouvernement continue de fixer l’agenda – même si certaines initiatives “dépassent les bornes” et provoquent un retour de flamme.

Processus de paix : rebranding, mais pas résolution
Meghrabekyan et Mgdesyan ont décrit un “rebranding” du processus de paix arméno-azerbaïdjanais – passant de l’orbite de la Russie à l’égide des États-Unis après les annonces de Washington le 8 août.

Ils ont souligné que la stabilité de facto de la frontière est politiquement importante, même si le texte final d’un accord de paix et sa mise en œuvre sur le terrain restent incertains. Dans ce contexte, le camp de Pachinian apparaît renforcé ; l’opposition n’a pas encore expliqué ce qu’elle ferait différemment.

Au-delà du tampon : une redéfinition identitaire plus large ?
Le retrait de l’Ararat du tampon de passeport, ont soutenu les présentateurs, s’inscrit dans une démarche plus profonde des autorités visant à aligner les symboles et récits de l’État sur les frontières et obligations définies juridiquement.

Ils ont toutefois averti que certains changements avaient parfois été annoncés avec une communication stratégique maladroite, risquant de créer des frictions sociales inutiles. Le débat pourrait s’étendre à d’autres emblèmes – comme les armoiries nationales, qui comportent également l’Ararat – si le gouvernement poursuit une recalibration symbolique complète.

Notes régionales
L’émission a brièvement mentionné la visite de la commissaire européenne à l’Élargissement et au Voisinage, Marta Kos, à Bakou cette semaine, avec Erevan comme prochaine étape – autre signe que les acteurs externes se réengagent alors que la campagne électorale s’intensifie.

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