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Tuesday, January 20, 2026

Quand la myrtille vaut plus que la viande : l’Azerbaïdjan face à la flambée des prix de la viande

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En Azerbaïdjan, la viande est en train de devenir un produit de luxe. D’après le Comité national de statistique, les prix ont progressé de 6,8 % sur janvier–juillet 2025 par rapport à l’année précédente, puis bondi de 20 % en août. Les analystes redoutent que le kilo atteigne 30 manats dans les années à venir.

Deux facteurs expliquent cette situation. D’abord, la flambée mondiale des prix : comme 35 à 40 % des besoins du pays sont couverts par les importations, les fluctuations internationales se répercutent immédiatement sur les consommateurs locaux. Ensuite, la production nationale s’érode : le cheptel bovin et ovin est en baisse sensible.

Le secteur souffre aussi d’un manque de soutien public. Alors que d’autres branches de l’agriculture bénéficient de subventions généreuses, l’élevage reste le parent pauvre. Illustration : une aide de 100 manats est versée pour chaque veau né par insémination artificielle, mais rien pour les naissances naturelles.

Le contraste est saisissant avec d’autres cultures : la luzerne, indispensable à l’alimentation animale, ne reçoit que 100 manats par hectare, contre 15 000 pour les myrtilles ou 9 600 pour le kiwi. Beaucoup de ces fruits existent déjà à l’état sauvage et répondent à une demande marginale, ce qui rend ce déséquilibre encore plus incompréhensible.

À cela s’ajoute une spécificité culturelle : les Azerbaïdjanais privilégient la viande fraîche. La viande congelée est largement boudée, et même la viande réfrigérée suscite des réticences. Cette exigence accroît la pression sur le marché.

Les experts appellent à une refonte en profondeur de la stratégie de l’élevage : assurer des pâturages, rééquilibrer les subventions et stimuler la production locale afin de préserver l’accessibilité de la viande, aliment de base du pays.

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