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Thursday, January 15, 2026

Sommet d’Alaska : les alliés doutent de la détermination américaine tandis que le Kremlin exploite le symbolisme

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Le cadre historique du sommet Trump–Poutine en Alaska a suscité le malaise des alliés de Washington et nourri la propagande du Kremlin, selon l’analyste politique américaine Irina Tsukerman.

« L’Alaska n’est pas un État comme les autres : il rappelle la vente de 1867 qui mit fin aux ambitions impériales de la Russie en Amérique du Nord », confie-t-elle à Oxu.Az. « Tenir le sommet là-bas a renversé le symbole : au lieu d’affirmer la domination américaine, cela a offert à Moscou l’occasion de présenter Poutine comme reprenant un terrain perdu. »

Un signal troublant pour les alliés de l’OTAN

Tsukerman prévient que les membres de l’OTAN en Europe de l’Est ont perçu ce choix comme dangereux. « Plutôt que de renforcer la dissuasion, Washington a semblé accorder une légitimité et une scène à forte charge historique à Moscou », dit-elle. « Les alliés qui comptent sur la fermeté américaine face à l’agression russe s’interrogent : Washington est-il vraiment engagé dans une stratégie de containment au long cours ? »

Un cadeau pour les rivaux de l’Amérique

L’optique a résonné au-delà de l’Europe. « Pékin, Téhéran et Pyongyang présenteront la cumbre comme la preuve qu’une Russie isolée peut attirer le président américain sur son terrain », explique-t-elle. « Le Kremlin a transformé une rencontre sur le sol américain en victoire de propagande, en se posant comme celui qui dicte les termes. »

Récit du Kremlin consolidé

Malgré une économie fragile, la répression et des erreurs stratégiques, les images venues d’Alaska ont offert à Moscou un succès psychologique. « Poutine est entré comme s’il rentrait dans son palais, imposant le rythme et le ton », dit Tsukerman. Les médias d’État russes ont aussitôt amplifié l’instant, l’érigeant en preuve d’une ‘influence éternelle’.

Pas de percée, mais une victoire symbolique

Le sommet s’est achevé sans accord concret, mais pour Poutine cela comptait peu. « Sur le plan intérieur, il a décroché un triomphe de propagande sans céder », conclut Tsukerman. « Washington, qui devait imposer les règles, a semblé faire des concessions — un récit que le Kremlin exploitera sans relâche. »

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