Le Parquet de Géorgie a inculpé cinq membres du comité d’organisation de la manifestation du 4 octobre à Tbilissi, dont une partie a dégénéré en tentative d’assaut contre le palais présidentiel, rapporte News Georgia.
Selon le parquet, Murtaz Zodelava, Paata Bourtchouladzé et Irakli Nadiradzé sont poursuivis en vertu de trois articles du Code pénal : l’article 222 (tentative de prise ou de blocage d’installations stratégiques ou critiques), l’article 225 (organisation ou participation à des violences de masse) et l’article 317 (appels au renversement violent de l’ordre constitutionnel ou du pouvoir d’État). Chacun encourt jusqu’à neuf ans de prison.
Lacha Beridzé est inculpé sur la base des articles 222 et 225, tandis que Paata Mandzgaladzé fait l’objet de poursuites au titre de l’article 225 – des infractions également passibles de neuf ans d’emprisonnement.
Le Parquet précise que lors du rassemblement du 4 octobre sur la place de la Liberté, Bourtchouladzé aurait présenté un plan prévoyant “la détention de représentants du gouvernement et l’utilisation de mesures coercitives illégales contre les opposants”. Zodelava aurait pour sa part exhorté les manifestants à marcher vers le bâtiment de l’Administration présidentielle – classé installation stratégique – pour “le prendre par la force”.
La manifestation, qualifiée de “révolution pacifique”, coïncidait avec les élections municipales géorgiennes. Les organisateurs ont déclaré le gouvernement en place illégitime et exigé un “transfert pacifique du pouvoir”. Cependant, une partie de la foule a ensuite tenté de pénétrer dans la résidence présidentielle, située à environ un kilomètre du lieu principal de la manifestation.
Les forces de sécurité ont repoussé l’assaut à l’aide de gaz lacrymogènes et de canons à eau, tandis que les manifestants érigeaient des barricades de fortune à partir du mobilier de cafés et de restaurants voisins et lançaient des feux d’artifice et des pierres sur la police.
Le ministère de la Santé a signalé 21 policiers et six manifestants hospitalisés. Plusieurs membres du groupe de coordination du mouvement ont été arrêtés.
Le Premier ministre Irakli Kobakhidze, du parti au pouvoir Rêve géorgien, a qualifié les événements de “tentative de coup d’État organisée par des services de renseignement étrangers”.
