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Sunday, January 18, 2026

La Russie ravive un ancien format, mais la région a évolué

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Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a plaidé pour la relance de la plateforme régionale “3+3”, estimant que c’était le “bon moment” pour reprendre les discussions entre l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie et leurs trois grands voisins – la Russie, l’Iran et la Turquie. S’exprimant à MGIMO, Lavrov a rappelé à son auditoire que le concept avait été proposé à l’origine par Bakou et Ankara après la deuxième guerre du Karabakh.

« Nous avons eu deux réunions il y a deux ans au niveau ministériel et vice-ministériel. Nos voisins iraniens sont favorables, et la Turquie et l’Azerbaïdjan faisaient partie des initiateurs. J’espère donc que ce format reprendra dans un avenir proche », a déclaré Lavrov. Mais ce que le ministre russe n’a pas dit est révélateur. La Géorgie n’a jamais participé à la plateforme, invoquant son conflit non résolu avec Moscou. L’Azerbaïdjan et l’Arménie, quant à eux, mènent désormais des pourparlers directs et ont déjà paraphé un traité de paix bilatéral. La relation tendue de Téhéran avec Bakou ajoute une autre complication. Dans ce contexte, le “3+3” ressemble davantage à un élément de langage russe qu’à une nécessité régionale.

L’analyste politique Mourad Sadaddinov a déclaré à Media.Az que l’idée originale avait du sens. « D’un point de vue géographique et économique, cela avait du sens. Les projets d’infrastructures, d’énergie et de transport de la région sont interdépendants, et l’implication des six pays aurait pu jeter les bases d’une paix à long terme. Mais pour des raisons échappant au contrôle de Bakou et d’Ankara, le projet a stagné après seulement deux réunions – à Moscou et à Téhéran – et même celles-ci étaient incomplètes sans la Géorgie. »

Près de cinq ans plus tard, note Sadaddinov, les conditions ont changé.

« L’Arménie et l’Azerbaïdjan ont paraphé un traité de paix bilatéral et finalisent directement les détails. Ce fait à lui seul réduit l’urgence de revenir à un cadre à six. Dans le même temps, le refus catégorique de la Géorgie de s’asseoir à la même table que Moscou reste inchangé, ce qui bloque toute véritable relance du ‘3+3’. »

Il ajoute qu’à long terme, la géographie obligera les six pays à coopérer d’une manière ou d’une autre. Mais aujourd’hui, la priorité immédiate de l’Azerbaïdjan est de conclure son accord de paix avec l’Arménie, de développer les liaisons de transport et de bâtir des partenariats pragmatiques sans le fardeau d’un cadre chancelant dirigé par la Russie.

Pour Bakou, l’appel de Lavrov ressemble moins à une opportunité qu’à une tentative de Moscou de réaffirmer son influence dans une région où son poids a fortement diminué.

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